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De la physique à la bio-informatique

Majore de la première promotion du programme PSI, Imogen Wright utilise encore, dans ses tests génétiques pour le traitement du VIH, les méthodes qu’elles a apprises à l’Institut Périmètre.

Lorsqu’Imogen Wright s’est avancée au micro pour prononcer le premier discours d’adieu du tout nouveau programme PSI (Perimeter Scholars International – Boursiers internationaux de l’Institut Périmètre) en 2010, elle s’adressait surtout à un groupe tissé incroyablement serré de pairs.

Les 28 premiers diplômés du programme, venus à Waterloo en provenance de 17 pays et 6 continents, avaient trimé ensemble à toute heure du jour et de la nuit, amassant en seulement 10 mois suffisamment de crédits pour obtenir l’équivalent de 3,5 maîtrises. Selon les termes mêmes de Mme Wright, cette première promotion du programme PSI était une « folle clique » qui lui a montré le pouvoir unificateur de l’étude de la physique.

« J’ai fait un discours d’adieu stimulant sur la grande importance de la physique théorique, dit-elle, puis je suis passée immédiatement et pour de bon à un tout autre domaine. » [traduction]

La plupart de ses collègues du programme PSI ont entrepris des études de doctorat dans des institutions de classe mondiale. Pour sa part, Imogen Wright s’est orientée vers le développement de logiciels. Six ans plus tard, elle a été l’une des fondatrices d’une entreprise de bio-informatique qui s’est attaquée au VIH et à d’autres maladies graves. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son parcours n’a pas été rectiligne.

Après le programme PSI, Mme Wright a commencé à travailler en développement de logiciels, d’abord pour Amazon.com, puis pour Skimlinks, une petite entreprise en démarrage du Royaume-Uni. Tout allait bien pour elle, mais elle recherchait quelque chose de plus satisfaisant. Elle voulait aussi retourner dans son Afrique du Sud natale.

De Londres, elle a commencé à se promener dans Internet, comme elle l’avait fait en 2009 pour finir par découvrir l’existence du programme PSI.

C’est ainsi qu’elle a trouvé à l’Université du Cap-Occidental une équipe de recherche qui faisait des travaux informatiques liés au VIH. Même si elle n’avait aucune formation en biologie, elle a envoyé un courriel à Simon Travers, chef de l’équipe, pour lui demander un emploi, disant que ses antécédents en mathématiques, en statistique et en informatique pourraient être utiles. M. Travers a été d’accord.

De 2012 à 2014, Imogen Wright a fait un doctorat à l’Institut national sud-africain de bio-informatique, à l’Université du Cap-Occidental. Ensuite avec M. Travers et 2 autres collègues, elle a fondé Hyrax Biosciences, entreprise d’économie sociale qui met au point des manières efficaces d’effectuer des tests génétiques complexes.

« L’Organisation mondiale de la santé recommande que toute personne séropositive pour le VIH prenne des médicaments antirétroviraux, explique Mme Wright, et que chacune de ces personnes passe un test de pharmacorésistance avant de prendre tout médicament. » [traduction]

Cela se passe généralement ainsi dans diverses parties du monde, mais non en Afrique subsaharienne.

« Il y a probablement quelques milliers de tests chaque année, mais 25 millions de personnes sont séropositives, dit Mme Wright. Il y a un énorme manque à combler, et nous faisons de notre mieux pour aider à y parvenir. » [traduction]

Hyrax Biosciences effectue essentiellement des analyses statistiques sur des données pleines de bruit, que Mme Wright compare à un « rayonnement fossile biologique », et travaille à couper d’au moins 90 % les coûts des tests de pharmacorésistance.

Le ministère de la Santé d’Afrique du Sud a exprimé un intérêt envers ces travaux, et l’entreprise essaie maintenant de les faire connaître à d’autres gouvernements, ainsi qu’à des laboratoires publics et privés. Elle espère aussi lancer d’ici 1 ou 2 ans des produits semblables pour la tuberculose et pour des infections nosocomiales.

Imogen Wright peut sembler travailler bien loin de la physique, mais elle dit que le programme PSI lui a permis d’améliorer les compétences-clés qu’elle utilise encore aujourd’hui.

« J’exploite massivement la méthode de pensée abstraite que l’on acquiert en faisant beaucoup de physique théorique, dit-elle. Si l’informaticien moyen peut parvenir au 3e ou 4e degré d’abstraction à partir des données qu’il examine, j’arrivais au 7e ou 8e degré à la fin du programme PSI.

« Et, ajoute-t-elle, cela vient vraiment en tête de liste des choses les plus extraordinaires que j’aie jamais réalisées. » [traduction]

Si l’on en croit le début de carrière de la jeune femme, cette liste promet d’être bien remplie.

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