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Des mentores exhortent les étudiants à demeurer ouverts à toutes les possibilités

La soirée de mentorat de FemPhys a mis l’accent sur des questions pratiques et sur les nombreuses possibilités qui s’offrent aux étudiants, qu’ils poursuivent ou non une carrière en milieu universitaire.

Au premier abord, la voie d’une carrière en physique peut sembler assez simple : faire des études de 1er cycle universitaire, de maîtrise et de doctorat dans le domaine, puis chercher un poste de professeur (en faisant peut-être au passage quelques stages postdoctoraux).

En pratique toutefois, le parcours peut être beaucoup plus sinueux et imprévisible — et l’on peut aboutir à des endroits aussi fascinants qu’inattendus.

Quelque 50 étudiants de 1er cycle et étudiants diplômés ont appris directement où peuvent mener ces méandres, lors d’une soirée de mentorat organisée par l’Institut Périmètre et FemPhys, groupe de l’Université de Waterloo qui réunit des femmes, des personnes non binaires et d’autres minorités en physique.

Les mentores comprenaient des postdoctorantes et des professeurs d’université, ainsi que des professionnelles ayant une formation en physique. Les étudiants étaient invités à converser avec elles de manière informelle en petits groupes pendant le repas et changeaient de table toutes les 15 minutes.

La diversité des carrières convenait parfaitement à Kristine Boone, doctorante à l’Institut d’informatique quantique, qui est elle-même à la croisée des chemins, alors qu’elle doit décider si elle cherche un poste en milieu universitaire ou si elle fait le saut dans l’industrie.

« J’ai eu beaucoup de points de vue de personnes qui poursuivaient sur la voie universitaire, dit-elle. Toutes semblaient très heureuses de leur emploi et en faisaient état avec beaucoup d’honnêteté. J’ai eu aussi l’autre point de vue sur ce qui est formidable dans l’industrie, et comment on peut mettre à profit certaines des compétences acquises pour aider l’industrie ou pour construire quelque chose. » [traduction]

Cette activité mettait en évidence des physiciennes, mais tous les étudiants étaient bienvenus, peu importe leur identité de genre.

« Je crois qu’il est important pour tous de voir de forts modèles féminins », a déclaré Lei Yang, doctorante à l’Institut Périmètre et membre du comité d’organisation de l’activité. « Je crois que c’est quelque chose qui a beaucoup manqué dans le passé : il est aussi très important pour les hommes de travailler avec des femmes et de constater que les femmes sont présentes, qu’elles sont égales. » [traduction]

Il peut être très stimulant pour des femmes en début de carrière de voir que des personnes qui leur ressemblent ont réussi même si elles ont pu connaître des difficultés en cours de route.

Margaret Fraser, mentore ce soir-là et spécialiste de la commercialisation technique chez OpenText, de Waterloo, l’une des plus grandes entreprises canadiennes de logiciels, a fait part d’un exemple de discrimination qu’elle a vécu il y a des années : « Mon professeur de physique de 12e année est entré dans la classe, a regardé à la ronde, puis a demandé : “Que faites-vous ici, mesdemoiselles? Le cours d’économie domestique, c’est au bout du couloir.” Et il ne blaguait pas, se souvient-elle. Les choses ont beaucoup changé depuis. » [traduction]

Margaret Fraser en conversation avec des participantes à la soirée de mentorat tenue à l’Institut Périmètre

Encore aux prises avec le sexisme

Même si des stéréotypes aussi manifestes sont peut-être plus rares de nos jours, ils n’ont pas totalement disparu. Kristine Boone, qui a étudié l’astrophysique au 1er cycle universitaire, a déclaré qu’au début de chaque session, d’autres étudiants et des professeurs croyaient qu’elle s’était trompée de salle de cours.

« Ils écrivaient le titre du cours au tableau, puis regardaient si j’allais sortir, dit-elle. Je n’ai jamais pensé ne pas être capable de réussir, mais il y a toujours eu des gens pour supposer que je ne pourrais pas suivre — ce qui est vraiment fâchant. » [traduction]

Malgré le manque de soutien initial de son professeur de physique, Margaret Fraser a poursuivi et a étudié la physique de la matière condensée. Après avoir complété un baccalauréat puis une maîtrise, elle a décidé d’interrompre ses études supérieures.

« En théorie, j’allais prendre un peu de temps pour décider dans quelle direction m’orienter », dit-elle. Entre-temps, elle a trouvé un emploi pendant que son mari poursuivait ses études de doctorat. Et le voyant progresser dans cette voie, Mme Fraser s’est rendu compte qu’elle ne voulait pas reprendre d’études supérieures. « J’ai vu jusqu’à quel point il travaillait fort et était passionné par ses recherches. Et je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune question à laquelle je souhaitais à ce point répondre. » [traduction]

Au bout du compte, Margaret Fraser est ravie de la tournure de sa carrière. Elle est heureuse de souligner tous les bons côtés d’une carrière non universitaire — elle rentre généralement chez elle vers 17 h, travaille rarement les fins de semaine, mais a tout de même la satisfaction et la joie d’apprendre des choses nouvelless.

Mais à l’époque, le choix n’a pas été facile. Comme de nombreux anciens universitaires, Mme Fraser a connu au départ un sentiment d’échec pour avoir choisi une autre voie. L’une des principales raisons pour lesquelles elle est mentore au sein de FemPhys, c’est pour dissiper cette perception.

« J’ai eu pendant longtemps ce sentiment d’échec. Il faut admettre que le milieu universitaire est formidable, mais qu’il n’est pas fait pour tous et qu’il y a d’autres possibilités. On peut réussir et être heureux ailleurs. Votre voie peut vous mener vers le bonheur même si ce n’est pas tout à fait celle que vous aviez imaginée. » [traduction]

Cela a rassuré Delaney Dyment, étudiante en première année de physique à l’Université de Waterloo, de savoir que c’est correct de changer d’idée. « Certains ont fait un doctorat dans un domaine puis sont passés à tout à fait autre chose », a-t-elle déclaré après avoir parlé à plusieurs mentores tout au long de la soirée. « Ce n’est pas nécessairement la fin du monde si vous terminez quelque chose que vous finissez par détester. On peut toujours arriver à faire quelque chose que l’on aime. » [traduction]

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