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Les gens de l’IP — Bianca Dittrich construit des ponts

Bianca Dittrich se faisait constamment dire de changer de domaine. Elle a ignoré ces conseils et réalise des avancées sur l’un des problèmes les plus difficiles de la physiques.

Le parcours de Bianca Dittrich n’a jamais été facile. Grandissant en Allemagne de l’Est à une époque de bouleversements politiques, elle s’est intéressée très tôt à l’histoire. La quantité de récits racontés de diverses perspectives était fascinante, mais leur subjectivité la troublait : au bout du compte, tous les récits étaient teintés d’interprétations.

La science offrait un moyen plus objectif d’aborder le monde. Mme Dittrich a envisagé de faire carrière en géo-écologie, domaine qui correspondait à son amour de la nature et de l’environnement. Par contre, ses parents l’encourageaient à aller en médecine, où les perspectives de carrière étaient meilleures, ou à mettre l’accent sur ses talents athlétiques en tennis de compétition.

Mais Bianca Dittrich visait des horizons plus étendus. « D’une certaine manière, je voulais toujours tout savoir », dit-elle. La physique théorique semblait la plus à même de satisfaire ce besoin. « La physique a un grand pouvoir d’expliquer de nombreux phénomènes à l’aide d’un petit nombre de principes. » [traduction]

Ses amis et ses pairs la mettaient en garde contre son choix : « Tout le monde me disait que je ne trouverais pas d’emploi en physique. » De plus, le problème le plus fascinant pour elle, celui de la gravitation quantique, était largement considéré comme le plus difficile en physique théorique. « Tout le monde dit qu’il ne faut pas se lancer en gravitation quantique. » [traduction]

Insensible à ces critiques, Mme Dittrich a persévéré, sans savoir si cela fonctionnerait, mais déterminée à essayer.

Même si elle reste modeste à propos de ses réalisations, Bianca Dittrich s’est distinguée dès le tout début comme une étoile montante de la recherche. Après avoir obtenu son doctorat en Allemagne, elle est venue à l’Institut Périmètre comme postdoctorante, puis a reçu une prestigieuse bourse Marie-Curie de l’Union européenne. En 2009, elle a reçu de la Société Max-Planck, en Allemagne, une subvention pour mettre sur pied un groupe de recherche à l’Institut Albert-Einstein. Par la suite, l’Institut Périmètre l’a recrutée au sein de son corps professoral, et elle est arrivée à Waterloo en 2012.

Aujourd’hui, c’est une chercheuse très respectée qui travaille à l’unification de deux grandes théories de la physique : la mécanique quantique et la relativité générale.

Les deux théories s’opposent depuis près de 100 ans. La nature du tissu même de l’univers est au cœur de ce désaccord. En relativité générale, l’espace-temps est lisse et continu. Si on l’observait au microscope sur des distances arbitrairement petites, il devrait conserver le même aspect qu’avec une vue plus générale. Mais en physique quantique, à l’échelle des particules subatomiques, l’espace-temps est discret et granulaire, comme les pixels d’une photographie.

À la tête de l’initiative Discretuum to Continuum (Du discret au continu) de l’Institut Périmètre, Mme Dittrich dirige les efforts visant la mise au point des outils mathématiques qui serviront à relier les deux théories.

Mais il n’est pas nécessaire que tout soit difficile. Lorsqu’on lui demande où elle a ses meilleures idées, alors qu’elle s’attaque à l’un des problèmes les plus épineux de la physique, elle hausse les épaules et répond : « Sous la douche, ou à l’arrêt d’autobus. » [traduction]

 

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