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Rester calme et continuer de chercher

Sarah Shandera, boursière Emmy-Noether, estime que la meilleure réponse aux inégalités persistantes en sciences est de laisser la colère de côté et de canaliser cette énergie dans son travail.

L’énergie ne peut être ni créée ni détruite, mais, comme Sarah Shandera s’en est rendu compte, elle peut être gaspillée.

En tant que femme dans un monde largement masculin, cette physicienne théoricienne a connu l’adversité, la condescendance et l’ignorance, en plus d’être minoritaire et de devoir représenter toutes les femmes.

Mais ce tableau n’est pas complet, s’empresse-t-elle d’ajouter. Elle a aussi reçu beaucoup d’encouragements. Mais face aux inégalités persistantes dans son domaine, elle voit deux possibilités : se mettre en colère ou se mettre au travail.

« Les femmes ont souvent le sentiment d’être exclues, dit-elle. Mais c’est stupide, parce que ce sentiment draine leurs ressources et qu’elles pourraient faire de la meilleure physique sans ce gaspillage. » [traduction]

C’est le deuxième séjour de Mme Shandera à l’Institut Périmètre. Après avoir été postdoctorante à l’Institut de 2009 à 2011, elle est revenue à titre de boursière invitée Emmy-Noether, prenant un congé d’un semestre de son poste de professeure adjointe à l’Université d’État de Pennsylvanie.

Comme bien des femmes qui contribuent à diminuer l’écart de participation entre hommes et femmes à la recherche en physique, Sarah Shandera a du succès. Mais il lui a fallu du temps pour s’en rendre compte. Alors que beaucoup de ses collègues sont issus de familles d’universitaires ou ont fréquenté d’excellentes écoles dans des grandes villes, Mme Shandera vient du Montana, et sa famille n’a pas d’antécédents universitaires.

Ses parents ont toujours soutenu sa volonté d’étudier, mais lorsqu’elle était adolescente, elle a dû faire face à des réactions hostiles simplement parce qu’elle aimait les mathématiques. « Certains pensaient que ce que je faisais n’était pas pour les femmes » [traduction], dit-elle.

Mais, dans les années 1990, le pouvoir au féminin avait la cote, et elle a travaillé fort pour confondre les sceptiques. Les mathématiques l’ont menée à la physique et, à l’Université de l’Arizona, un mentor l’a orientée vers les études supérieures.

C’est alors qu’elle a découvert la cosmologie, domaine mathématiquement exigeant, mais où les données imposent des contraintes, ce qui a eu l’heur d’attirer la jeune femme. Aujourd’hui, elle étudie la période primitive de l’univers et la théorie de l’inflation cosmique.

« Ce qui est intéressant pour moi, c’est de mettre à l’épreuve la théorie à l’aide d’observations, explique-t-elle. Je m’intéresse à la théorie, mais il faut ensuite effectuer des travaux numériques pour la transformer en prédictions concernant les galaxies, puis faire des comparaisons avec les données réelles. » [traduction]

Désireuse d’explorer certaines nouvelles idées dans le domaine, Sarah Shandera a posé sa candidature à une bourse de chercheuse invitée Emmy-Noether. Ce programme permet à des chercheuses en début ou en milieu de carrière de venir à l’Institut Périmètre pour y poursuivre des travaux scientifiques et des collaborations.

Peu après avoir posé sa candidature, elle s’est rendu compte qu’elle était enceinte. Ce qui aurait pu constituer un obstacle ailleurs n’a entraîné que des changements de détail à l’Institut Périmètre.

L’Institut a trouvé un logement pour toute sa famille ainsi qu’une garderie pour sa fille âgée de 15 mois. Son mari, le physicien Louis Leblond, a obtenu de l’Université d’État de Pennsylvanie une bourse pour élaborer des cours de physique en ligne, ce qu’il fait aux côtés de sa femme à Waterloo.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la chercheuse profite au maximum de sa bourse. Elle se gave de nouvelles idées, espérant terminer son séjour avec des projets complètement nouveaux à réaliser.

L’époque actuelle est passionnante pour les cosmologistes. Certaines des expériences les plus complexes au monde permettent d’obtenir des données des plus grandes profondeurs de l’univers. Mentionnons entre autres SDSS (Sloan Digital Sky Survey – Programme Sloan de relevé des objets célestes), le télescope du Pôle Sud et le télescope EHT (Event Horizon Telescope – Télescope Horizon des événements).

Mais plus encore, d’autres domaines spécialisés, par exemple la physique des particules et la physique numérique, fournissent des idées et des outils qui pourraient aider les cosmologistes à résoudre certains de leurs problèmes les plus difficiles : la véracité de l’inflation cosmique, la composition de l’énergie sombre et la nature des trous noirs. Mme Shandera affirme : « Il y a ici beaucoup de chercheurs qui ont des idées intéressantes dans bien des directions. » [traduction]

C’est pourquoi elle est d’avis que les bourses de chercheuses invitées Emmy-Noether et des programmes semblables sont si précieux en physique. « La science est un domaine très social, dit-elle. C’est vraiment important de faire partie du groupe. Cela permet de réaliser et d’apprendre beaucoup de choses, grâce à l’intérêt d’autres personnes. » [traduction]

À titre de professeure et de mentore, elle ne se contente pas de partager ses connaissances en physique. Elle s’efforce de détruire le « mythe du génie solitaire » et de montrer que toute personne prête à travailler fort peut viser le succès en physique, peu importe son sexe ou ses antécédents.

« Lorsque l’on voit d’autres personnes réussir, on sent moins la pression des gens disant que les femmes ne peuvent pas y parvenir, ajoute-t-elle. Cela contribue à drainer moins de ressources en pure perte. Voyez mon parcours. J’ai travaillé fort, et vous pouvez y arriver vous aussi. » [traduction]

– Tenille Bonoguore

LES INITIATIVES EMMY-NOETHER DE L’INSTITUT PÉRIMÈTRE

Les initiatives Emmy-Noether de l’Institut Périmètre soutiennent et encouragent les femmes et les jeunes filles à tous les stades de la formation et de la recherche scientifique. Portant le nom d’Amalie Emmy Noether, pionnière allemande des mathématiques, elles comprennent des activités de rayonnement destinées aux élèves du secondaire, des bourses honoraires du programme PSI (Perimeter Scholars International – Boursiers internationaux de l’Institut Périmètre), des bourses de chercheuses invitées Emmy-Noether, des postes au sein du corps professoral de l’Institut Périmètre et des chaires de recherche.

Les artisans de ces efforts sont devenus membres du Cercle Emmy-Noether et sont reconnus comme des défenseurs de la place des femmes en sciences.

Pour en savoir plus sur les bourses de chercheuses invitées Emmy-Noether, et poser votre candidature, consultez la page www.perimeterinstitute.ca/fr/emmy-noether-visiting-fellowships.

Pour de plus amples renseignements sur le Conseil Emmy-Noether, qui fournit aide et suggestions pour ces initiatives, consulter la page www.perimeterinstitute.ca/people/emmy-noether-council.

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