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Un brillant avenir pour des postdoctorants de l’Institut Périmètre

Deux postdoctorants de l’Institut Périmètre partiront bientôt, l’un en Allemagne et l’autre aux États-Unis, pour poursuivre des recherches entreprises à Waterloo.

Deux postdoctorants de l’Institut Périmètre ont obtenu des postes convoités, l’un en Europe et l’autre en Amérique du Nord, où ils poursuivront d’ambitieux programmes de recherche en physique des hautes énergies et dans le domaine de la matière condensée.

Lauréat du prestigieux prix Sofja Kovalevskaja de la Fondation Alexander-von-Humboldt, d’une valeur de 1,65 million d’euros, Michal P. Heller, spécialiste de la physique des hautes énergies, mettra sur pied en décembre un groupe de recherche à l’Institut Max-Planck de physique gravitationnelle, à Postdam, en Allemagne.

Chercheuse dans le domaine de la matière condensée, Anushya Chandran partira bientôt à l’Université de Boston, où elle occupera au Département de physique un poste de professeure-adjointe menant à la permanence.

Ces postes reconnaissent non seulement la valeur des travaux effectués par les deux chercheurs jusqu’à ce jour, mais aussi le potentiel énorme des avenues de recherche qu’ils comptent poursuivre.

Postdoctorants de l'Institut Périmètre

Ils s’ajoutent aussi aux nombreux succès des postdoctorants de l’Institut Périmètre : sur les 69 personnes qui ont complété un stage postdoctoral à l’Institut de 2011 à 2015, 29 ont obtenu des postes de professeurs d’université, 37 ont eu des postes de chercheurs, et 3 ont poursuivi leur carrière dans l’industrie.

Lorsqu’il est arrivé à l’Institut Périmètre, Michal P. Heller se spécialisait dans l’utilisation de la théorie des cordes pour décrire la physique nucléaire. Pendant son postdoctorat à l’Institut, il a commencé à s’intéresser aux liens de plus en plus étroits entre la physique des hautes énergies et l’information quantique.

« Ce que j’apprécie le plus à l’Institut Périmètre, dit-il, c’est l’ouverture des gens aux idées des autres, ainsi que le nombre extraordinaire de séminaires et de visiteurs de grande qualité. Cela crée une atmosphère très stimulante. » [traduction]

M. Heller a eu auparavant une bourse de recherche postdoctorale aux Pays-Bas. Sa réputation croissante et l’augmentation du nombre de citations résultant de ses recherches donnent une idée des répercussions possibles d’une subvention beaucoup plus importante sur sa carrière de chercheur indépendant.

Il pourra bientôt s’en rendre compte. Le groupe de recherche qu’il dirigera à Postdam étudiera les nouvelles relations entre l’information quantique, les théories quantiques des champs et la géométrie.

« Cette discipline est sous-représentée en Europe, dit-il, parce qu’elle est tout à fait nouvelle. J’aimerais donc être l’un des déclencheurs d’une nouvelle explosion. » [traduction]

Il ne s’agit pas d’un poste permanent, mais cela semble équitable pour le chercheur de 32 ans : « C’est beaucoup d’argent pour faire de la recherche de pointe. Le prix à payer, c’est qu’il faut vraiment exceller pour progresser vers la prochaine étape. Mais toutes les ressources nécessaires sont disponibles. » [traduction]

Anushya Chandran plongera elle aussi dans un nouveau domaine de recherche lorsqu’elle se joindra au corps professoral de l’Université de Boston.

À l’Institut Périmètre, ses travaux portaient sur deux vastes sujets à la jonction de la matière condensée et de l’information quantique : la manière dont l’intrication code divers états de la matière; l’étude de systèmes à N corps qui ne sont pas en état d’équilibre et pourraient ne jamais atteindre un tel état.

« Rien de ce que j’ai fait ne relève traditionnellement de la physique de la matière condensée, explique Mme Chandran. Même si je travaille à partir de questions motivées par des matériaux ou par des expériences précises, je finis par utiliser des outils et des idées qui ne font pas traditionnellement partie de la physique de la matière condensée. » [traduction]

À Boston, elle compte étendre ces travaux au domaine nouveau des expériences de spectroscopie ultrarapide. Ces expériences consistent à prendre un matériau, à le soumettre à des impulsions extrêmement brèves — de l’ordre de picosecondes ou de femtosecondes — et à évaluer les effets de ces impulsions sur le matériau.

« Sur le plan technique, nous en sommes au point où nous pouvons voir la dynamique quantique en temps réel, mais dans un matériau très complexe », explique Anushya Chandran, 29 ans, qui a étudié en génie électrique en Inde avant de faire un doctorat en physique à l’Université de Princeton.

« Je crois que nous pourrions utiliser certaines connaissances acquises grâce à des expériences sur des matériaux synthétiques — où les longues échelles de temps et l’isolement du système permettent de vraiment observer la mécanique quantique dans un état de non-équilibre — et nous demander si cette physique est en partie applicable aux électrons sur des échelles de temps extrêmement brèves. » [traduction]

Ces deux nouveaux postes viennent en outre à point nommé sur le plan personnel pour les deux chercheurs. Le physicien Chris Laumann, conjoint d’Anushya Chandran, vient également d’accepter un poste à l’Université de Boston, ce qui facilitera de beaucoup la vie de couple.

Quant à Michal P. Heller, il retournera en Europe avec sa femme, l’artiste Joanna Wróblewska, après avoir visité un peu plus le pays. « J’aime vraiment le Canada, dit M. Heller. Ce serait fantastique de rester ici, mais je n’ai pas pu refuser l’offre que j’ai reçue. » [traduction]

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