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Mot du directeur : 3 éléments pour construire l’avenir

Robert Myers, nouveau directeur de l’Institut Périmètre, parle des 3 éléments-clés qui l’ont amené à l’Institut, et qui continuent de propulser l’Institut et d’entretenir sa propre motivation.

Perimeter Institute Director Robert Myers.

Si je devais résumer l’Institut Périmètre en 3 mots — c’est le genre de chose que je dois faire un nombre étonnant de fois depuis que je suis devenu directeur de l’Institut en février —, j’opterais pour simplicité, clarté, audace.

C’est à l’automne 2000 que j’ai entendu parler de l’Institut Périmètre pour la première fois, lorsque j’ai rencontré son donateur fondateur, Mike Lazaridis. À l’époque, il venait de lancer le BlackBerry, et les choses évoluaient rapidement pour lui. En quelques années, lui et son équipe allaient transformer ce téléavertisseur de pointe en un téléphone multifonctionnel complet.

Bref, j’ai rencontré Mike Lazaridis pendant une période qui devait être passionnante pour lui. Mais il ne voulait pas parler de téléphones multifonctionnels. Il voulait parler de percées scientifiques.

Il disait que son BlackBerry reposait sur des percées réalisées en physique 50, 100 ou 150 ans auparavant. Des percées en électromagnétisme, en physique quantique et dans bien d’autres domaines de la physique. Qu’est-ce qui motivait les hommes et les femmes qui ont réalisé ces percées? Sûrement pas la volonté de créer des téléphones multifonctionnels. Non, ils n’auraient même pas pu concevoir l’existence de tels appareils. Ils faisaient quelque chose de beaucoup plus simple et beaucoup plus passionnant : ils essayaient de comprendre comment l’univers fonctionne.

Mike Lazaridis m’a demandé de penser aux prochaines percées scientifiques, celles qui façonneraient la vie de nos enfants, de nos petits-enfants et de leurs petits-enfants. Il croyait que, avec les investissements voulus et une mission audacieuse, nous pourrions rendre ces percées plus probables.

Il voulait mettre sur pied un nouvel institut de physique théorique. Il disait que cet institut réunirait certains des plus grands esprits de la planète, qui s’attaqueraient aux problèmes de physique les plus profonds et les plus difficiles. Ce serait un institut indépendant, affranchi du système universitaire classique qui incite tant de scientifiques à rester dans leur zone de confort. Il viserait rien moins que de grandes percées scientifiques.

Pour Mike Lazaridis, il s’agissait d’un investissement dans notre avenir collectif : un investissement à long terme, mais intelligent, dont le rendement se ferait sentir sur plusieurs générations. Les paroles suivantes de M. Lazaridis sont notamment ressorties de notre conversation : « Nous allons réaliser ici quelque chose de particulier, pour le Canada et pour le monde. Et nous devons le faire correctement. » [traduction]

J’ai été frappé par la simplicité, la clarté et l’audace de sa vision. Simplicité, clarté, audace. Voilà les caractéristiques d’une idée puissante. En tant que scientifique, je sais jusqu’à quel point de telles idées sont précieuses.

Sur le chemin du retour chez moi, à Montréal, je me repassais cent fois cette conversation. Deux jours plus tard, j’ai envoyé un courriel à Mike Lazaridis pour lui dire : « J’en suis. Que puis-je faire? » Peu après, j’ai quitté mon poste à l’Université McGill et je suis devenu l’un des membres fondateurs du corps professoral de l’Institut Périmètre.

Dix-neuf ans plus tard, la puissance de l’idée de Mike Lazaridis ne m’a jamais quitté, et elle n’a jamais quitté l’Institut Périmètre. Elle a guidé Neil Turok pendant les 10 dernières années, au cours desquelles il a brillamment dirigé l’Institut et lui a donné une impulsion décisive sur les plans de la recherche, de la formation et de la diffusion des connaissances. Elle m’inspire encore et éclairera tous mes gestes en tant que directeur.

L’Institut Périmètre est un lieu singulier. Nous n’avons aucun laboratoire ni d’équipement plus compliqué que des tableaux noirs et des ordinateurs. Nous aimons dire que nous consommons surtout des craies et du café. Pourtant, des chercheurs de l’Institut Périmètre ont élaboré des théories et des outils à l’origine de découvertes qui ont fait les manchettes au cours de la dernière décennie. Des cadres de travail mis au point par des scientifiques de l’Institut étaient utilisés au Grand collisionneur de hadrons lorsqu’il a détecté le boson de Higgs, et ils sont encore en usage. Des scientifiques de l’Institut Périmètre ont participé à la détection d’ondes gravitationnelles et proposé des manières révolutionnaires d’utiliser ce nouveau type de regard sur l’univers. D’autres ont été des pionniers de la théorie qui sous-tend la technologie en émergence rapide de l’informatique quantique. Plus tôt cette année, des scientifiques de l’Institut Périmètre ont joué un rôle crucial dans la détection de sursauts radio rapides par le nouveau télescope CHIME. Et tout récemment, nous avons contribué au premier regard de l’humanité sur un trou noir.

Avery Broderick, professeur associé à l’Institut Périmètre, est l’un des chefs de file du projet international de télescope EHT (Event Horizon Telescope – Télescope Horizon des événements), de même qu’un acteur-clé dans la réalisation de l’image historique d’un trou noir produite par ce télescope. M. Broderick a mis au point avec son équipe de l’Institut Périmètre certains des modèles et techniques qui ont servi à la production de cette image. Il jouera un rôle important dans l’analyse des données au cours des mois et des années à venir.

C’est la même chose dans bien des domaines. L’Institut Périmètre n’exploite aucun télescope, mais il élabore les idées qui guident ce que les télescopes devraient rechercher. Il n’exploite aucun détecteur de particules, mais il aide à transformer en information les données recueillies par ces détecteurs. Il ne fabrique aucun ordinateur quantique, mais il met au point les concepts qui permettront à l’ère quantique de se concrétiser.

L’exploration scientifique rapporte des dividendes. À l’instar des hommes et des femmes qui ont réalisé il y a longtemps les percées en physique à l’origine de nos téléphones actuels, nous essayons, à l’Institut Périmètre, de comprendre le fonctionnement de la nature à son niveau le plus fondamental. Nous cherchons à accélérer le rythme des découvertes dans les profondeurs de l’espace, du temps, de la matière et de l’information.

Je songe aux paroles prononcées par Mike Lazaridis il y a 19 ans, et je constate que l’Institut Périmètre est effectivement devenu un endroit très particulier, un phare d’excellence que nous voulons conserver. L’Institut est un exemple pour le monde, et nous continuerons d’être à l’avant-garde. Nous avons réalisé cela, mais nous nous préparons à aller encore plus loin. C’est pourquoi nous allons continuer d’explorer, avec simplicité, clarté et audace.

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