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La physique au cinéma : des films évalués pour leur exactitude scientifique

Dans l’espace, personne ne peut vous entendre pinailler.

Voyage dans le temps. Vitesses astronomiques. Batailles spatiales épiques dans des galaxies très, très lointaines. Si vous pouvez en rêver, Hollywood peut en faire une expérience cinématographique.

Parfois, les cinéastes fondent leurs scénarios et leurs effets spéciaux sur des faits scientifiques bien établis. Ils peuvent même être visionnaires, anticipant ou inspirant des avancées technologiques (rappelez-vous l’époque où le visiophone était une élucubration digne de la famille Jetson).

À d’autres moments, les cinéastes prennent un peu (ou beaucoup) de liberté avec la vraisemblance scientifique, donnant des scènes ou des films entiers beaucoup plus « fiction » que « science ». Nous avons examiné quelques-uns de nos films favoris (et quelques navets) et leur avons donné une note pour leur exactitude scientifique.

Nous en avons oubliés? Faites-nous part de vos commentaires ou envoyez à @Perimeter un gazouillis sur les succès ou les échecs scientifiques au cinéma.


Le problème : Un autobus roulant à 80 km/h se dirige vers un vide de 16 m de long sur une autoroute en construction. La solution : accélérer à fond et franchir le vide en question. La réalité physique : discutable. Même à 115 km/h, comme les matheux qui ont vu le film Speed (Clanches! au Québec et au Nouveau-Brunswick) l’ont calculé, la masse de l’autobus et la pente négligeable avant le vide feraient en sorte que Keanu Reeves et compagnie franchiraient seulement 6 m avant de commencer à plonger vers la mort.
Note : D
 


La fameuse réplique du film Alien — « Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. » — est davantage science que fiction. Le son est tout simplement une vibration de l’air perçue par les tympans, de sorte qu’en l’absence d’air dans le vide de l’espace, personne ne peut vous entendre crier (mais vous crieriez tout de même si un xénomorphe vous sortait de la poitrine).
Note : B−
 


Même si Interstellaire contient de nombreux vols qui défient la physique (par exemple, Matthew McConaughey survit à une descente dans un trou noir), beaucoup de choses sont exactes. La conception du trou noir lui-même repose sur des modèles de l’astrophysicien Kip Thorne, et le vieillissement accéléré des membres de l’équipage colle à la réalité physique.
Note : A−

Visionnez une remarquable vidéo MinutePhysics qui explique la dilatation du temps et le soi-disant paradoxe des jumeaux.


Ennemi de l’État, thriller visionnaire sur la surveillance gouvernementale omniprésente, met en vedette un Gene Hackman à juste titre paranoïaque, qui se cache dans un pot pour se protéger du regard des espions. Ce pot est en fait une cage de Faraday (inventée par le physicien Michael Faraday), qui bloque les ondes électromagnétiques grâce à un maillage en cuivre conducteur.
Note : B−

Le site HowStuffWorks donne une excellente explication du fonctionnement des cages de Faraday.

angels and demons science
Dans Anges et démons, le héros Robert Langdon doit empêcher les Illuminati d’utiliser l’antimatière volée dans le grand collisionneur de hadrons pour détruire le Vatican. Non, ce n’est pas un documentaire. Même si l’antimatière existe réellement (elle est presque identique à la matière, mais avec une charge et un spin opposés), elle est si rare que toute l’antimatière pourrait avoir assez d’énergie pour souffler un ballon, mais non une ville.
Note : D−
 


Dans 2001, l’odyssée de l’espace, chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, beaucoup d’aspects scientifiques sont exacts. Un exemple : la gravité artificielle par rotation. L’accélération centripète due à la rotation du vaisseau doit être égale à l’accélération due à la gravité sur la Terre (9,8 m/s2). L’énorme diamètre du vaisseau, combiné à la vitesse de rotation d’un tour par minute, donne une gravité artificielle plausible.
Note : A+
 


Comme il se déroule surtout dans une simulation où les lois de la physique sont malléables, le film La Matrice obtient la note de passage sur beaucoup d’aspects. Mais une importante prémisse est erronée. Les humains sont utilisés comme des « batteries » dont les seigneurs robots tirent du courant. Mais selon les lois de la thermodynamique, pour que les humains restent en vie, il faut un apport d’énergie (sous forme de calories alimentaires) supérieur à ce qu’ils fournissent comme énergie thermique.
Note : Il n’y a pas de cuillère.
 


Largement considéré comme l’une des épopées spatiales les plus exactes sur le plan scientifique produites par les studios d’Hollywood, Apollo 13 prend très peu de libertés avec la crise qui l’a inspiré. L’une des raisons pour lesquelles les scènes en apesanteur sont aussi vraisemblables, c’est qu’elles ont réellement été tournées en apesanteur, à bord d’un KC-135 Stratotanker en vol parabolique, surnommé « vomit comet » (comète nauséeuse).
Note : A+
 

La science dans Indiana Jones
L’intrépide archéologue interprété par Harrison Ford a survécu à des circonstances atroces comme des fosses aux serpents et des sacrifices humains. Mais dans Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, il survit à une explosion nucléaire en se cachant à l’intérieur d’un réfrigérateur doublé de plomb. Un spectateur averti a calculé qu’il aurait péri des causes suivantes : accélération létale, suffocation, coup du lapin, fonte du plomb, irradiation, et même dénigrement généralisé.
Note : D
 


Écrit par le grand vulgarisateur scientifique Carl Sagan, Contact réussit étonnamment bien à véhiculer des idées complexes. Par exemple, Ellie Arroway a l’impression que son voyage dans l’univers dure 18 heures, alors que seul un court instant s’écoule sur la Terre, ce qui laisse entendre qu’elle a expérimenté la dilatation du temps compatible avec des vitesses relativistes. Une faiblesse possible : comme son voyage a inclus une conversation avec [DIVULGÂCHEUR SUPPRIMÉ], il se pourrait qu’un certain temps se soit écoulé sur la Terre.
Note : A
 


Le film Le Trou noir sorti en 1979 a connu un succès commercial même s’il était le « film le plus scientifiquement inexact jamais produit », selon l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson. « Non seulement la physique de la chute dans le trou noir était totalement erronée, a-t-il ajouté, mais le film aurait été infiniment plus intéressant s’il avait été scientifiquement correct. » [traduction] Par contre, les lasers étaient bien.
Note : D
 


Même si certains critiques ont éreinté Cube 2 : Hypercube à cause de son rythme lent et de sa distribution de deuxième ordre, le film avait au moins des ambitions scientifiques. Huit étrangers luttent pour s’échapper d’une réalité exotique comprenant géométrie multidimensionnelle, téléportation quantique, dilatation du temps, gravité déformée, tesseract et autres bizarreries. Rien de cela n’a beaucoup de sens, mais l’effort mérite quelques points.
Note : C−
 


Même sans vouloir pinailler (personne ne s’attend à ce que les films de la série Star Wars soient impeccables sur le plan scientifique), dans L’Empire contre-attaque, Chewbacca et compagnie voyagent de Hoth à Bespin à une vitesse inférieure à celle de la lumière, parce que l’hyperpropulsion du vaisseau Faucon Millenium est en panne. Selon des estimations de la distance entre les deux astres, le trajet durerait au moins 1 150 ans. #ÀQuandLaFin?
Note : R2D2

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