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Courants convergents : arts et sciences

Lorsque des courants de pensée convergent, la vérité se trouve dans les remous d’idées qui s’opposent.

Les doigts noircis de poussière de graphite, l’artiste crayonne sur du papier.

Son carnet de croquis constitue à la fois une chaleureuse invitation et un défi considérable. L’artiste sait combien d’heures, de jours, de semaines ou même de mois peuvent passer avant que la page blanche qui est devant lui finisse par véhiculer le message qu’il a en tête.

Il y a tant de choses qu’il voudrait dire — une histoire racontée avec des formes et des ombres plutôt que des mots — sur la science, sur l’art et sur la manière dont ils se heurtent et fusionnent dans la quête constante de sens qui est celle de l’humanité.

Il sait que ce ne sera pas facile.

« La convergence de l’art et de la science n’est pas paisible, dit l’artiste. Il y a entre les deux une tension qui ne peut être résolue. Une telle résolution les tuerait l’un et l’autre. La paix est une chose magnifique, mais pas dans le monde des idées. Les idées sont vivantes lorsqu’elles s’affrontent. » [traduction]


Alioscia Hamma ressent cette tension — et la cherche — tous les jours. À peine une heure avant d’ouvrir son carnet de croquis et de tailler ses crayons, il a donné un cours sur la géométrie des transitions d’états quantiques à un groupe d’étudiants diplômés de l’Institut Périmètre.

Dans la vie professionnelle, M. Hamma est chargé de cours dans le programme PSI (Perimeter Scholars International – Boursiers internationaux de l’Institut Périmètre) et professeur agrégé à l’Université Tsinghua, en Chine. Ses recherches portent sur l’intrication quantique, la mécanique quantique statistique et d’autres aspects de la nature fondamentale de la réalité.

Par contre, dans des moments comme celui-ci, il aborde la réalité avec une perspective différente, son esprit et ses crayons devant une page littéralement blanche, à la recherche d’idées que la science seule ne peut trouver.

Même si, pendant son enfance passée à Naples, il rêvait de devenir bédéiste, il a étudié la physique parce qu’il croyait — et croit toujours — qu’elle est notre meilleur outil pour décoder notre univers.

« Les mathématiques sont idéales, nettes, pures et abstraites, dit M. Hamma. Les sciences naturelles sont vivantes, tangibles, salissantes et concrètes. La physique se situe entre les deux, tout comme la condition humaine. » [traduction]

Il ajoute que l’art est lui aussi à mi-chemin entre le monde des idéaux et le monde tel qu’il se présente à nos sens.


Alors il dessine. Son crayon court sur le papier, des formes apparaissent, prennent de la dimension, de la profondeur et du caractère. Une figure centrale émerge — celle de la mathématicienne allemande Emmy Noether —, la tête posée sur la main sous le poids de la fatigue, les yeux fixant un horizon lointain. À sa droite, un tigre dort. Sa symétrie redoutable rend hommage à la fois au fameux théorème de Noether et au poète William Blake.

Au cours des semaines qui suivent, le dessin prend forme. D’autres allusions à l’art et à la science émergent — des allusions aux estampes et aux peintures de la Renaissance, des allusions à la révolution copernicienne et à la perfection mathématique.

Alioscia Hamma est réticent à commenter ces métaphores visuelles et leur signification. Il espère que l’œuvre se présente comme une « chasse au trésor » sur le thème de la symétrie dans l’art et la physique.

« S’il faut que je l’explique, dit-il, cela veut dire d’une certaine manière que j’ai échoué. » [traduction]

Selon lui, des réponses faciles sont rarement à la source d’une véritable connaissance.

À l’instar de ses recherches, son art est gratifiant en partie parce qu’il est difficile. Ce même dessin occupera une grande partie de ses temps libres au cours des semaines à venir. Il l’apportera en Chine lorsqu’il aura fini de donner son cours à l’Institut Périmètre et le retouchera lorsque son esprit en ébullition cherchera une forme d’expression autre que la physique.

Un jour — peut-être demain, peut-être dans des années —, il donnera un dernier coup de crayon et cette œuvre sera terminée. Il tournera ensuite la page de son carnet de croquis et commencera un nouveau dessin, explorant d’autres idées et se mettant lui-même au défi de penser autrement.

Cela n’a aucune importance de finir un dessin. L’acte de création est sa propre raison d’être.

« Je ne considère pas que l’art et la science soient distincts, dit-il. Comprendre la forme d’un objet, un poème, un chapitre de l’histoire humaine, un organisme biologique ou un système physique, c’est toujours un acte d’une grande beauté. » [traduction]

– Colin Hunter

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